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APPEL À L'ACTION : Réinstallation de mineurs non accompagnés à partir de la Grèce

19.03.2020 by Melanie

APPEL À L'ACTION : RÉINSTALLATION DE MINEURS NON ACCOMPAGNÉS À PARTIR DE LA GRÈCE

Le 16 mars 2020, une fillette de 6 ans a été tuée dans un grand incendie au camp de Moria, sur l'île grecque de Lesbos. Environ 19 000 personnes y vivent entassées, alors que le camp n'a de la place que pour 2600 personnes. Les autres “hotspots” sur les îles grecques (Chios, Samos, Leros, Kos) sont également surpeuplés et peu hygiéniques. Les problèmes humanitaires qui y persistent depuis des années se sont transformés en une crise humanitaire et risquent de devenir une catastrophe humanitaire maintenant qu’un premier cas de coronavirus COVID-19 a été confirmé à Lesbos. Au camp de Moria, il n'y a pratiquement pas d'accès à des soins médicaux. Même se laver les mains y est impossible. Selon Médecins sans frontières, il y a un robinet pour 1300 personnes.

Michael O'Flaherty, directeur de l'Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (European Union Agency for Fundamental Rights, FRA), a décrit la situation dans le camp de Moria comme la question la plus préoccupante en matière de droits fondamentaux à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui dans toute l'Union européenne. 

Un tiers des enfants qui arrivent en Grèce ne sont pas accompagnés de leurs parents ou d'autres membres de leur famille. Parmi les 42 000 réfugiés et personnes migrantes qui se retrouvent sur les îles grecques, ces enfants font partie des plus vulnérables. Ils risquent d’être exposés à la violence, aux abus et à l'exploitation et éprouvent des difficultés à accéder à leurs droits les plus fondamentaux. L'impact de cette situation sur leur bien-être psychosocial et physique est énorme. De plus, beaucoup d'entre eux disparaissent des camps. La Commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, souhaite qu'une solution soit trouvée pour ces quelque 5 500 mineurs non accompagnés par le biais d'un programme de réinstallation.

Nous demandons que l'Europe ne détourne plus le regard. Nous demandons à la Belgique de soutenir une solution européenne et de s'engager à la réinstallation des enfants non accompagnés qui survivent dans les circonstances les plus lamentables aux frontières de l'Europe. Sept pays de l'UE ont déjà donné le bon exemple et sont disposés à faire transférer au moins 1 600 enfants. En Allemagne, quelque 140 maires ont donné un signal fort sous le hashtag #WirHabenPlatz. Nous aussi, nous avons de la place. Nous pouvons faire en sorte que ces enfants soient pris en charge dans un environnement sûr. 

Nous comprenons le contexte difficile actuel, mais nous appelons le gouvernement fédéral à suivre l'exemple de ses collègues en France, en Finlande, en Allemagne, au Luxembourg, en Croatie, au Portugal et en Irlande à s'engager à trouver une solution d'urgence pour les enfants pris au piège dans les “hotspots”. Une première évacuation vers la Grèce continentale et des mesures temporaires telles que la mise en quarantaine de ces enfants à leur arrivée en Belgique pourraient apporter une solution. L’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne a publié le 17 mars une liste avec des suggestions pour faciliter le processus de réinstallation.

Nous demandons aux Communautés de veiller à ce que le plus grand nombre possible de ces enfants soient pris en charge par des familles d'accueil. Nous appelons les autorités locales, à l'instar de Gand et d'autres villes dans nos pays voisins, à faire preuve d'hospitalité et à jouer un rôle de pionnier. Nous demandons à nos concitoyens de persuader nos autorités de prendre des actions concrètes et significatives, par exemple en adressant cet appel à leur maire ou à leur député. 

Les signataires :